Dimanche dernier, 15 h 40, parking du lac de Chamboux. Le thermos de café est vide, mes chaussures sont pleines de boue, et il me reste une poignée de châtaignes dans la poche. Voilà un après-midi d'automne comme je les aime dans le Morvan. Rien de spectaculaire, mais tout ce qu'il faut.
Ce massif granitique, coincé entre l'Yonne, la Nièvre, la Côte-d'Or et la Saône-et-Loire, prend sa vraie dimension à partir de fin septembre. En été, il attire les camping-cars. En automne, il redevient ce qu'il est : un pays de forêts, de hameaux silencieux et de lacs où l'on n'entend plus grand-chose. Les activités nature à faire en automne dans le Morvan tiennent à peu de choses : une paire de bottes, une carte, et l'acceptation que la météo fera ce qu'elle voudra.
Je vous livre ce que je fais vraiment, avec les ratés. Parce qu'automne dans le Morvan, ça ne se résume pas à une photo d'érable rouge.
Points clés à retenir
- Mi-octobre à mi-novembre : c'est la fenêtre la plus dense pour les couleurs et la cueillette.
- Le Morvan compte une poignée de lacs (Settons, Chamboux, Saint-Agnan) qui servent de points de départ à pied ou à VTT.
- La cueillette en forêt domaniale est réglementée : renseignez-vous avant de remplir un panier.
- Prévoyez une polaire de plus que pour la plaine : le relief et l'altitude refroidissent vite.
- Les villages perchés comme Uchon valent le détour surtout hors saison, quand les parkings se vident.
- Le Morvan en novembre, c'est brumeux, humide et magnifique — à condition de ne pas attendre du grand soleil.
La sortie champignons : le vrai-faux piège du débutant
Ma première cueillette dans le Morvan, il y a quelques années, s'est soldée par un panier entier jeté à la poubelle. Je rentrais fier avec ce que je prenais pour des cèpes. Un voisin agriculteur m'a regardé, a souri, et m'a dit une phrase que je n'ai pas oubliée : « Tu peux me montrer, mais moi je ne mange que ce que je connais à dix mètres. » Humiliant. Et utile.
Où et comment s'y mettre sans se tromper
La cueillette est sans doute l'activité la plus mal couverte par les guides, alors qu'elle fait partie de l'ADN automnal du massif. Le sous-sol granitique, les chênes et les hêtres mélangés, l'humidité d'octobre — tout y est. Sauf que ramasser n'importe où n'est pas neutre.
- En forêt domaniale, la cueillette est encadrée. Elle est tolérée dans certaines limites de quantité pour un usage familial, mais interdite ou soumise à autorisation dans d'autres zones. Une seule règle : demandez à l'office de tourisme ou au garde forestier avant de partir.
- Les sorties guidées avec un connaisseur évitent les erreurs bêtes. C'est le meilleur investissement que j'ai fait.
- Châtaignes : autre histoire, plus accessible. On en trouve beaucoup en lisière, et là, le risque est proche de zéro.
- Ne mélangez jamais deux espèces dans le même panier si vous n'êtes pas sûr à 100 %.
Le bon mois, franchement, c'est octobre. À partir de mi-novembre, la saison se referme et beaucoup d'espèces disparaissent sous les premières gelées. Septembre est trop tôt pour la plupart des bolets.
Ce que j'ai appris à mes dépens
Un conseil concret : munissez-vous d'un couteau et d'un panier en osier, pas d'un sac plastique. Ça fait sourire, mais un sac plastique écrase les champignons et accélère leur pourrissement. Et si vous cueillez en forêt privée sans autorisation, vous n'êtes pas dans une zone grise : vous êtes en infraction.
La cueillette, c'est le moment où j'ai arrêté de croire que je « connaissais » la forêt. Même après plusieurs saisons, je montre mes trouvailles à quelqu'un avant de les cuisiner. Ça ne me coûte rien.
Randonnée et lacs : où poser les pieds en premier
Le lac de Chamboux, 8 km de tour, c'est mon point de départ de référence. Un sentier en boucle, praticable en trois heures sans se presser, avec des couleurs qui passent du vert au cuivre sur les berges. Pas de dénivelé méchant. Idéal pour reprendre la marche sans se punir.
Choisir son lac selon son niveau
Il y a plusieurs lacs dans le Morvan — les Settons, Saint-Agnan, Chamboux, et d'autres plus petits — et chacun a sa personnalité. Le lac des Settons reste le plus fréquenté, avec sa base nautique et ses locations de vélos. C'est pratique, mais l'affluence des beaux week-ends d'octobre est réelle. Le Chamboux est plus sauvage. Pour une sortie tranquille, je choisis ce dernier.
| Site | Ambiance | Idéal pour |
|---|---|---|
| Lac des Settons | Animé, équipé | Familles, location de VTT et VAE |
| Lac de Chamboux | Calme, forestier | Randonnée douce, observation |
| Lac de Saint-Agnan | Nature, pêche | Sorties sans foule |
| Uchon et ses chaos | Minéral, panoramique | Photo, courte rando |
Une règle simple que je m'impose : je ne pars jamais sur un sentier de +10 km après 14 h en novembre. La nuit tombe tôt, et un chemin forestier sans éclairage, ça se traverse mal.
Le VTT, si vous voulez autre chose que la marche
Le Morvan s'y prête bien : des pistes forestières, des sous-bois larges, des locations de VAE qui permettent à un débutant de tenir trois heures sans mourir. La location de vélo électrique change tout pour quelqu'un qui n'a pas le foncier — je l'ai testée l'an dernier et j'ai tenu une boucle que je n'aurais jamais osée à la force des mollets.
Attention : en automne, le sol est souvent gras. Un VTT classique ou un VAE avec de bons pneus, oui. Un vélo de route, non.
Que faire dans le Morvan en novembre, quand la météo boude
En novembre, il pleut. Souvent. Ce n'est pas une légende. Ma dernière semaine sur place, il a plu quatre jours sur six. Et pourtant, c'est un mois que j'aime. Pourquoi ? Parce que les visiteurs sont partis, les prix des gîtes baissent, et la forêt prend une couleur que vous ne verrez en aucune autre saison : beige, brun, ocre, avec ces brumes qui s'accrochent aux vallons.
Trois idées quand le ciel se ferme
- Randonner court mais tôt. Faites votre boucle entre 9 h et 12 h. C'est la fenêtre la plus stable avant les averses.
- Visiter les villages et leurs églises romanes. Ça occupe une après-midi grise sans s'ennuyer.
- Une sortie photo sur les hauteurs, à l'affût des trouées de lumière. J'ai passé une heure entière immobile à attendre ça. Résultat : rien de spectaculaire, mais le souvenir reste.
Le vrai piège de novembre, c'est d'attendre du soleil. Dès que vous acceptez l'idée que la brume fait partie du programme, tout va mieux.
Les enfants dans le Morvan : ce qui marche vraiment
J'ai testé avec deux enfants de 6 et 9 ans. Une randonnée de 8 km, c'est trop long — ne vous laissez pas convaincre par l'idée romantique de la balade familiale. Une boucle de 3 à 4 km, avec un lac et des châtaignes à ramasser, ça passe. Ce qui fonctionne, c'est le jeu : ramasser, compter, identifier.
- La cueillette de châtaignes est un excellent prétexte pour marcher sans que les enfants s'en rendent compte.
- Les bords de lac offrent un terrain plat et sécurisé.
- Une sortie VTT adaptée à leur taille, si vous louez sur place.
- Évitez aussi la pêche avec eux : trop statique pour la plupart.
Et prévoyez des changes complets. La boue, c'est garantie.
Visiter le Morvan en 3 jours : itinéraire réaliste
Trois jours, c'est court, mais suffisant pour sentir le massif. Voici ce que je conseille à quelqu'un qui me demande comment organiser sa venue.
Jour 1 : lac et forêt
Un tour de lac le matin (Chamboux ou Settons selon votre envie de monde), une boucle forestière courte l'après-midi, un hameau à visiter en fin de journée. Arrivée tranquille.
Jour 2 : Uchon et les hauteurs
Uchon et ses chaos granitiques méritent une matinée entière. Le panorama depuis le village vaut le déplacement, surtout avec un ciel de novembre qui se déchire.
Jour 3 : cueillette ou VTT
Sortie guidée champignons, ou location de VAE et boucle forestière. Fin d'après-midi libre pour une visite de village.
Un détail que les guides oublient : les routes du Morvan sont sinueuses et étroites. Comptez plus de temps que votre GPS ne le suggère. J'ai mis 45 minutes pour faire ce que mon téléphone annonçait en 25.
Où dormir : le logement insolite, bonne idée ou piège ?
Le Morvan se prête au logement insolite : cabanes perchées, yourtes, roulottes. Pour un week-end d'automne, c'est une expérience à tenter. Sauf que l'automne n'est pas l'été. Une cabane perchée en octobre, c'est romantique. En novembre, avec 5 °C la nuit et de la pluie, ça l'est un peu moins.
Mon conseil : vérifiez le chauffage avant de réserver, pas seulement la vue. Et privilégiez un gîte classique pour un séjour long, en gardant une nuit insolite pour le côté aventure.
Il reste une question que je me pose encore, à chaque retour : est-ce le Morvan qui change en automne, ou moi qui le regarde autrement quand il n'y a plus personne ? Probablement un peu des deux. Ce que je sais, c'est que je repars toujours avec les bottes sales et l'envie d'y revenir.

