Grandes villes à découvrir

Grandes villes nature à visiter en Bourgogne : nos coups de cœur

La Bourgogne ne se résume pas à Dijon : cinq villes comme Mâcon, Autun ou Avallon servent de camp de base idéal pour randonner, pagayer ou grimper, entre Morvan méconnu et Loire sauvage. Voici lesquelles choisir.

Grandes villes nature à visiter en Bourgogne : nos coups de cœur

On m'a posé la question trois fois le même été : « Mais où est-ce qu'on peut vraiment marcher en Bourgogne ? » Trois fois par des gens qui avaient réservé à Dijon, qui avaient adoré Dijon, et qui rentraient à la maison sans avoir touché un sous-bois. Voilà le vrai sujet.

Parce que la Bourgogne a un problème de réputation. On connaît ses toits vernissés, ses caves à Meursault, ses hospices. On connaît beaucoup moins son Morvan, ses forêts de hêtres, la Loire qui devient sauvage à deux pas de la ville. Les grandes villes nature à visiter en Bourgogne, ce sont celles qui vous installent dans un hôtel le soir et vous mettent sur un sentier à dix minutes le matin. Ça existe. Mais ça ne se trouve pas tout seul, parce que la plupart des guides séparent encore la « ville » de la « nature » comme deux rubriques de catalogue.

Points clés à retenir

  • Toutes les villes de Bourgogne ne se valent pas comme camp de base nature : certaines collent au Morvan, d'autres non.
  • Mâcon, Autun, Avallon, Cluny et Auxerre sont les cinq points d'appui les plus directs pour randonner, pagayer ou grimper.
  • Le parc naturel régional du Morvan est l'atout que le grand public sous-estime le plus.
  • La Loire se baigne l'été autour de La Charité-sur-Loire et de Decize, pas à Nevers intra-muros.
  • Un séjour de 5 jours permet de tenir deux villes et deux massifs différents sans faire que de la voiture.
  • Le train relie les principales gares bourguignonnes, mais certaines randonnées réclament une voiture ou un vélo.

Cinq villes qui servent de camp de base nature

Je ne vais pas vous faire une liste de vingt communes. J'en ai testé une bonne partie, et franchement, la moitié ne mérite pas le détour si votre objectif est de marcher. Voici celles où vous vous réveillez en ville et vous êtes dans les arbres avant le café.

Autun, la porte du Morvan

Autun est la meilleure base de tout le secteur. La ville elle-même est une cité romaine discrète, avec son théâtre antique et sa cathédrale, mais ce qu'on ne raconte pas assez, c'est que le parc naturel régional du Morvan commence à quinze minutes de voiture du centre.

J'ai passé une semaine là-bas en base. Le matin, marché place du Champ-de-Mars. Après, direction les monts du Morvan : le mont Beuvray (le site de Bibracte), le Haut-Folin, les lacs de Chamboux et de Saint-Agnan. Le soir, retour à Autun, restaurant, dodo. Durée moyenne des trajets : 25 à 40 minutes selon le sentier visé. C'est tenable. C'est même confortable.

Le seul défaut : tout passe par la voiture. Le réseau de bus vers le Morvan depuis Autun existe mais il est lent et peu fréquent. Si vous partez sans véhicule, oubliez cette option.

Mâcon, entre vignes et Roche de Solutré

Mâcon a un truc que Dijon n'a pas : la Roche de Solutré est à vingt minutes. Vingt minutes, littéralement. Vous montez, vous redescendez, vous êtes rentré pour midi.

Le sentier de la Roche fait partie des randonnées les plus courtes et les plus photographiées de la région : environ 30 à 45 minutes de montée selon votre rythme, un panorama sur le Mâconnais et les vignes du Pouilly-Fuissé. En été, faites-le tôt. À 10 h, il y a déjà du monde et la chaleur pique vite sur la roche nue.

De Mâcon, vous rayonnez aussi vers Cluny (25 min), les grottes d'Azé (15 min) et les chemins de halage de la Saône. Aller à pied le long de la Saône, au départ de Mâcon, le soir à la fraîche, c'est le genre de chose qu'aucun guide ne met en avant et qui pourtant sauve un séjour.

Avallon, la plus discrète

Avallon ne fait pas partie des villes « incontournables » qu'on cite partout. Tant mieux. La cité médiévale, perchée sur son éperon, est à trente minutes du cœur du Morvan et à dix minutes de la vallée du Cousin.

Ce que j'ai préféré : le GR 13 passe à proximité, et il y a des points de départ de randonnée quasi à la sortie de la ville. Un ami y a passé trois jours, sans voiture, en couplant marche et stop. Il a tenu. Moi je ne le conseillerais pas à quelqu'un qui n'aime pas improviser, mais le potentiel est là. Prévoyez un vélo si vous visez Vézelay (environ 15 km par la petite route).

Cluny et la vallée de la Grosne

Cluny, c'est l'abbaye, les pierres, le patrimoine. C'est aussi un accès direct à la vallée de la Grosne et aux contreforts du Clunisois, avec un réseau de sentiers balisés dense et très peu fréquenté hors saison.

J'y suis allé en octobre. Résultat : deux randonnées, croisé six personnes en tout. Les couleurs étaient à leur maximum, le sentier propre, et le retour en ville pour un dîner correct. Pour un séjour nature à l'automne, c'est probablement ce que je recommanderais en premier.

Auxerre, l'eau plutôt que la forêt

Auxerre est une ville fluviale. L'Yonne la traverse, la Cure n'est pas loin, et l'activité nature principale ici, c'est l'eau : canoë, kayak, balades au fil de l'Yonne. Les randonnées existent, mais la vraie identité nature d'Auxerre est aquatique.

Attention à un piège : les gens réservent à Auxerre en pensant « Morvan ». Il y a une bonne heure de route. Ce n'est pas la même journée.

Quels sont les sites naturels les plus beaux à visiter en Bourgogne ?

Question piège, parce que « beau » dépend de ce qu'on cherche. Mais si je dois trancher, il y a un top quatre qui revient chez tous ceux qui marchent régulièrement dans la région.

  • Le mont Beuvray et Bibracte — sommet, vestiges gaulois, forêt de hêtres. Le site archéologique est en haut, on y accède par des sentiers.
  • La Roche de Solutré — calcaire, vignes, panorama. Court et spectaculaire.
  • Le Haut-Folin — point culminant du Morvan, forêt dense, orientation GPS utile par temps de brouillard.
  • Les rochers du Carnaval, dans le secteur d'Uchon, formations gréseuses étranges, peu de monde.
  • La Loire sauvage entre Decize et La Charité-sur-Loire — bancs de sable, îles, baignade possible en été.

Mon préféré reste le Beuvray. Pas pour le panorama, qui est bon sans être exceptionnel, mais pour la combinaison : vous marchez dans une hêtraie, vous débouchez sur un site archéologique vieux de deux mille ans, et tout ça sans croiser un bus de touristes. Ce genre d'endroit se raréfie.

Peut-on se baigner dans la Loire en Bourgogne ?

Oui, localement. La Loire dans sa partie bourguignonne, entre Decize et La Charité-sur-Loire, offre des zones de baignade sauvage l'été, sur des bancs de sable et dans des bras calmes. Ce n'est pas une piscine : le courant, la profondeur et la vase changent d'un point à l'autre, et il faut se renseigner sur place avant de se mettre à l'eau. Les zones les plus fréquentées sont surveillées à certaines périodes, pas partout. Prudence, donc, et jamais seul dans un bras que vous ne connaissez pas.

Quelle est la ville la plus sympa à visiter en Bourgogne ?

Je vais être partial : Dijon. Pas parce que c'est la plus « nature » — ce n'est pas le cas — mais parce qu'elle coche toutes les cases du séjour urbain réussi.

La cité des Ducs a fait de la gastronomie un de ses emblèmes, et ça se sent. Place du Marché, ruelles à colombages, place de la Libération qui change complètement à la tombée de la nuit, musée des Beaux-arts avec ses collections. En automne, la ville joue une partition particulièrement agréable, entre soleil bas et douceur de vivre. Un week-end de 48 heures à Dijon se tient sans problème.

Si vous cherchez autre chose : Beaune pour le patrimoine viticole, La Charité-sur-Loire pour le bord de Loire, Auxerre pour le calme fluvial. Mais si je dois n'en garder qu'une pour un premier séjour, c'est Dijon.

Combien de temps pour visiter la Bourgogne ?

Question qu'on me pose systématiquement. Ma réponse tient en une phrase : trois jours, c'est court, cinq jours, c'est bien, une semaine, c'est mieux.

Combien de temps pour visiter la Bourgogne ?

En 3 jours, vous tenez une seule ville et son secteur nature. Dijon + une journée Morvan depuis Autun, ou Mâcon + Solutré + Cluny. Ne cherchez pas à tout faire, vous passerez votre séjour en voiture.

En 5 jours, vous pouvez coupler deux bases. Par exemple : deux nuits à Dijon (ville, patrimoine, gastronomie), deux nuits à Autun ou Avallon (Morvan), une dernière nuit à Beaune ou Mâcon sur la route du retour. C'est le format que je conseille à la majorité des gens.

Base Accès nature direct Trajet moyen vers le site Intérêt sans voiture
Autun Parc naturel régional du Morvan 25 à 40 min Faible
Mâcon Roche de Solutré, Saône, Cluny 15 à 30 min Moyen
Avallon Morvan, vallée du Cousin 10 à 30 min Faible
Cluny Vallée de la Grosne, sentiers balisés 5 à 25 min Faible
Auxerre Yonne, Cure, activités nautiques 0 à 20 min Bon

Quels sont les lieux insolites à visiter en Bourgogne ?

Là, on quitte les sentiers battus, et honnêtement c'est ce qui rend la région intéressante une fois qu'on a fait le tour des classiques.

Les rochers du Carnaval, dans le secteur d'Uchon, forment un chaos gréseux qui ne ressemble à rien d'autre dans la région. Peu de signalétique, peu de monde, ambiance presque étrange quand la brume monte. Je m'y suis perdu une fois, volontairement, pour voir. Je ne le referai pas sans carte papier.

La réserve naturelle de La Truchère, au sud de Tournus, est un autre type de curiosité : zone humide, oiseaux, forêt alluviale, à côté d'un des plus beaux villages de la région. Le bois du Chapitre, dans le même secteur, complète la journée.

Et puis il y a les villages perchés : Noyers-sur-Serein, Saint-Sauveur-en-Puisaye (le village de Colette), Montréal en Auxois. Aucun n'est un « site naturel » au sens strict, mais tous sont posés dans des paysages qui valent le détour, et aucun ne croule sous les visiteurs en semaine.

Attention à la confusion Bourgogne / Bourgogne-Franche-Comté

Beaucoup de listes mélangent allègrement la Bourgogne historique et la grande région administrative Bourgogne-Franche-Comté, qui inclut aussi le Doubs, le Jura et le Territoire de Belfort. Résultat : on vous vend un « séjour en Bourgogne » qui vous emmène à Belfort. Géographiquement, c'est cohérent. Culturellement et pratiquement, c'est autre chose, et les distances explosent. Si votre objectif est la Bourgogne viticole et le Morvan, restez à l'ouest : Côte-d'Or, Saône-et-Loire, Yonne, Nièvre.

Choisir sa base selon la saison

Un dernier point qu'on oublie systématiquement. La « meilleure » ville nature change selon le mois.

Fin septembre et octobre : visez le Morvan (Autun, Avallon) pour les feuillages. C'est la meilleure fenêtre de l'année, et de loin. Juillet-août : tournez-vous vers la Loire (Decize, La Charité) et les vallées, la forêt dense devient vite étouffante l'après-midi. Printemps : le Mâconnais et le Clunisois, verts, tempérés, fleuris.

L'hiver, les sentiers du Morvan restent praticables mais courts : journées brèves, sol gras, brouillard fréquent sur les sommets. Les villes reprennent alors la main — Dijon, Beaune, Auxerre — et ce n'est pas un hasard si la saison culturelle y bat son plein.

Ce que je retiens de toutes ces années à arpenter la région : la Bourgogne nature ne se donne pas à ceux qui cochent des listes. Elle se donne à ceux qui acceptent de s'asseoir une heure au bord d'un bras de Loire sans rien faire, ou de redescendre de la Roche de Solutré sans avoir pris la photo parfaite. Le reste, les toits vernissés et les caves, vous le trouverez toujours. Les hêtraies du Beuvray à l'aube, beaucoup moins.

Aurélie Rossignol

Aurélie Rossignol

Aurélie Rossignol est une passionnée de la nature, spécialisée dans la randonnée en montagne et les conseils de bivouac. Forte d'une expérience enrichissante sur les sentiers alpins, elle partage son savoir-faire pour aider les aventuriers à vivre des expériences en plein air en toute sécurité. Son approche allie conseils pratiques et respect de l'environnement, inspirant les randonneurs de tous niveaux.

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